Montserrat, émeraude des caraïbes

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St-Kitts (ou St-Christopher) & Nevis

Nous avons quitté St-Barthélemy tôt le 10 mai. Nous avions 47 miles à faire et nous appréhendions un peu la navigation puisque les vents et vagues annoncés étaient assez forts. Nous avons navigué à voile au travers avec une bonne gîte. Le vent soufflait 20 nœuds et il y avait des vagues de 2 mètres de côté. C’était vraiment très inconfortable. Micah a été malade à plusieurs reprises. Océane a eu mal au cœur… Loïc et Thomas allaient bien. Ouf! Ce n’était pas évident de s’occuper de nos cocos dans ces conditions. Ce n’était pas la pire journée depuis le début du voyage… mais la deuxième! Une journée à oublier quoi!

Par contre, en route, nous avons vu nos premiers volcans, soit à Saba et à St-Eustatius. Même de très loin, c’était vraiment impressionnant. Nous aurions pu arrêter visiter ces deux îles mais nous avons choisi de ne pas le faire afin de passer plus de temps en Guadeloupe et en Martinique. Il y a tellement de choses à voir et à faire sur cette magnifique planète!

Nous sommes arrivés à destination en fin de journée. Nous étions tellement heureux de jeter l’ancre… et d’avoir Internet.

Nous avons visité à pied Basseterre, la capitale de St-Kitts. Honnêtement, j’ai plus ou moins apprécié. Les gens étaient sympathiques, mais c’était assez sale et la majorité des bâtisses étaient endommagées. Par contre, sur l’île,  il y a un fort qui fait partie du patrimoine de l’UNESCO, soit la forteresse de Brimstone Hill. Nous souhaitions aller la visiter. Nous avons donc organisé un tour guidé avec un chauffeur de taxi. Le matin de la visite nous avons eu un problème de moteur en nous rendant vers l’ancrage qui fait face à la ville. Nous n’avons jamais pu nous rendre à notre tour… Sniff! sniff!

Mathieu a mis 3 heures à tout réparer, ce qui est un temps record car le cable d'allimentation du gaz devait être changé. Nous n'avions pas cette pièce à bord. Nous avons été très chanceux dans notre malchance puisque nous avons réussi à trouver la pièce de rechange tout près de notre ancrage. Nous ne pensions vraiment pas la trouver à St-Kitts puisqu’il n’y a que très peu de bateaux et de marinas. Nous avons donc défait et refait les deux chambres d'enfants pendant que ceux-ci regardaient des films! Hourra Mathieu!!! Tu as réussi!, J'aurais quand même aimé mieux aller au fort…

Finalement, à St-Kitts, nous avons fait l’école, des réparations et nous avons mis à jour plusieurs dossiers grâce à Internet… On n'a pas visité grand chose. On n'a pas vu les singes! ;-( Nous aurons passé 3 jours à St-Kitts avant de quitter pour Nevis, une autre île appartenant au même pays située environ 5 miles plus au sud. 

Basseterre, St-Christopher (St-Kitts)

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Le lendemain, nous avons mis quelques heures pour traverser à Nevis à moteur. Nous avons pris un  mooring à notre arrivée. C'est étrange car ils chargent plus cher pour ancrer que pour utiliser un mooring. En fait, ce genre de politique sert à préserver la nature comme le corail et l’herbe à tortue. Il y en a d’ailleurs une qui est venue nous faire « coucou » à notre arrivée. C’est toujours aussi joli à voir 😉 Nous avons visité la petite ville de Charlestown que nous avons trouvé très chaleureuse et bien animée avec sa musique et ses gens souriants. Nous avons acheté des fruits et légumes au marché et avons quitté le lendemain pour Montserrat.

Ancrages St-Kitts & Nevis
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Nevis

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Montserrat, accueil et résilience

Depuis plusieurs semaines, Montserrat fait partie de nos discussions. On y va, on y va pas? Nous souhaitions y aller afin de voir le volcan de la soufrière qui est en activité depuis 1995 et qui a dévasté une grosse partie de l’île, dont Plymouth, la capitale, en 1997. Le volcan est toujours en activité et la dernière irruption a eu lieu en 2010. D’un autre côté, nous étions un peu inquiets au niveau de l’unique ancrage qui nous apparaissait rouleur avec une tenue moyenne. Nous n’étions pas certains de pouvoir faire un tour guidé puisque nous n’avions rien réservé. C’est la curiosité qui l’a emportée et nous ne le regrettons vraiment pas. L’île est d’une beauté extraordinaire et les gens y sont agréables, accueillants et ils ont un sens de l’humour peu commun. Ce fut vraiment un coup de cœur.

La navigation pour nous rendre à Montserrat a été des plus difficiles. Nous avons encore passé une grosse journée au près très serré avec des vents de 20 nœuds et plus. Les vagues étaient croisées donc le bateau brassait dans tous les sens. Nous avons mis pratiquement 10 heures pour faire seulement 35 miles car nous devions faire des virements de bord afin d’atteindre notre destination. Nous avions envie de passer à côté et de nous rendre directement en Martinique ,mais nous avons résisté à la tentation.

À notre arrivée, nous avons ancré des 35 pieds d’eau car il y avait très peu d’espace. Le paysage était tout à fait magique. Après une bonne nuit de sommeil, nous avons effectué les formalités en même temps que trois autres bateaux, soit Nautilee et Sandy Feet que nous connaissions puis Saint-Luce que nous rencontrions pour la première fois. Aux douanes, ils ont rencontré le célèbre Joe Phillips, un guide recommandé sur tous les sites et dans les livres. Comme nous étions 7 adultes et 9 enfants, Joe nous a dit qu’il verrait s’il pourrait trouver un véhicule afin que nous puissions faire le tour tous ensemble. Il nous a donné rendez-vous à la plage en après-midi pour discuter des détails.

Arrivée à Montserrat

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Nous avons donc passé l’après-midi à la plage en compagnie de l’équipage des trois autres bateaux. C’était super agréable. Nous avons pris une petite Guinness sur la plage témoignant ainsi de l'origine irlandaise des habitants de Montserrat. D’ailleurs, c’est le seul pays des Caraïbes qui a conservé la St-Patrick comme jour férié, lui valant son surnom « émeraude des caraïbes ». Les cocos se sont amusés comme des petits fous dans le sable, dans les vagues et avec le kayak de Saint-Luce. Nous avons appris que l’équipage de St-Luce vient de la Grande-Bretagne. Émily et Mark ont trois enfants, soit des jumeaux de 10 ans et un garçon de 11 ans. Nous avions beaucoup en commun et avons discuté de la vie à bord avec les enfants et de « jumeaux »! Joe est venu nous voir en fin d’après-midi et a négocié un prix avec les gars. Nous n’avons pu qu’accepter l’offre! Nous aurons donc un tour guidé de 4 heures le lendemain matin à 9h. Nous avons terminé la journée avec une petite Guinness et un 5 à 7 sur le voilier de Lee. Journée épuisante mais tellement divertissante!

Après-midi à la plage

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Le lendemain matin, nous étions prêts à 9h pour la grande aventure. Nous étions ancrés dans Little Bay, près de la ville de Brades, la nouvelle capitale du pays. Afin de nous rendre dans la zone d’exclusion, qui fait environ les deux tiers de l’île, nous avions une longue route à faire sur des chemins étroits et escarpés dans les montagnes.

La visite s’est déroulée en trois étapes. Tout d’abord, nous sommes allés visiter le centre d’observation du volcan. C’est à cet endroit qu’est établi une surveillance 24/24 heures, 7/7 jours. Chaque fois qu’il y a des modifications de l’état du volcan (séismes, température, etc.), les gens sont avisés et des mesures sont prises afin de protéger la population. C’est grâce à ces mesures que la population de Plymouth a été évacuée en 1995 avant que le volcan n’explose. C’est pour cette raison que, malgré les dégâts considérables, seulement 19 personnes sont mortes dans l’irruption du 25 juin 1997.

Montserrat Volcano Observatory

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En effet, une zone d’exclusion avait été établie et est toujours en vigueur. Un vendredi de 1995, on a demandé à la population de quitter leur maisons pour la fin de semaine. Les gens ont apporté un petit bagage et ont été relocalisés dans les écoles, églises et centres communautaires. Ils n’y sont pas restés deux jours comme prévue, mais deux ans et quelques mois. Ce fut une épreuve très difficiles pour la population qui n’avait plus de maison, plus de travail et qui était confinée sans aucune intimité. Joe habitait Plymouth. Il nous a raconté qu’il était rentré illégalement dans la zone interdite pendant la nuit afin d’aller chercher son frigo. Plusieurs personnes le faisaient afin de sauver quelques biens. À un moment, on leur a permis de retourner à leur maison dans la journée. Cela permettait aux gens d’entretenir les maisons et de cultiver fruits et légumes. Cela leur donnait aussi un peu d’intimité pendant la journée. Lorsque l’irruption a eu lieu en 1997, 19 personnes étaient dans la zone et ont perdu la vie.

Nous avons visité une partie de la zone d’exclusion qui ressemble beaucoup à une forêt tropicale. Il s’agit des anciens villages, dont celui oû vivait Joe et sa famille. Après 20 ans d’abandon, la nature a pris toute la place. On a peine à voir les maisons, les écoles et les églises qui sont envahies par les arbres et les herbes. C’est zone sert de périmètre entre la zone touchée et la zone sécuritaire.

Zone d'exclusion

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Finalement, nous avons été voir de loin la zone touchée qui n’était pas accessible lors de notre visite puisqu’il y avait eu deux tremblements de terre la semaine précédente. C’est à cet endroit qu’on peut voir les maisons qui sont littéralement ensevelies sous des mètres de lave refroidie. C’est vraiment un spectacle désolant. J’étais sans mot. C’est en silence que nous avons terminé notre tour. Comme nous, les enfants gardent un souvenir de ces maisons brulées par la lave… 

Zone V (Plymouth)

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De retour à l’ancrage, nous avons diné au resto tous ensembles avant de regagner nos voiliers respectifs. Nous étions heureux d’avoir fait ce tour guidé car, en plus de l’expérience extraordinaire, nous avons contribué à l’économie du pays qui ne vit plus que de tourisme et de l’exportation de sable à béton. Nous avons fait nos préparatifs pour le départ du lendemain vers la Guadeloupe.

Retour à l'ancrage

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Au petit matin, nous étions les premiers en ligne pour un départ à 6h. Nous n’avons pas ouvert les voiles tout de suite car nous souhaitions passer tout près de la côte afin de bien voir la ville de Plymouth. C’est avec beaucoup d’émotions et en silence que nous avons navigué près de la côte. Que dire de plus devant ces maisons, ces églises, ces vies ensevelies dans la lave refroidie…

Zone détruite vue de la mer (Plymouth)

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5 Responses

  1. Denise Guy

    Oups je croyais avoir envoyé notre commentaire , j espère que je ne me répète pas?
    Sabrina , bonne description encore et belles photos souvenirs ….
    Mathieu félicitation pour la réparation du moteur ….
    Gros bisous à nos petits cocos et notre belle Tite cocotte ainsi qu à vous deux….
    Bonne continuité
    Denise et Guy xxxxxxxxxxxx…

  2. CELINE TURGEON

    BRAVO ENCORE POUR LES BELLES PHOTOS ET LE TEXTE. BONNE CONTINUITÉ. CELINE

  3. Sophie Ann

    On pense et parle de vous assez souvent, nous avons bien aimé vous rencontrer et nous vous souhaitons de continuer de réaliser vos objectifs. Gros bisous aux enfants.

    • Sabrina Turgeon

      Merci. Notre chemin ensemble a été beaucoup trop court. Sachez que nous avons apprécié chaque minute de nos discussions passionnantes! Les enfants ont eu beaucoup de plaisir en votre compagnie. Au plaisir de se revoir bientôt… pê sur un autre continent.

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