Bonaire, beauté naturelle…

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Depuis que nous avons quitté le Canada, nous avons fait quelques traversées de plus d’une journée, mais jamais aussi longues que les 475 miles qui séparent Bonaire de la Martinique. Lorsque nous naviguons les îles des Caraïbes vers le sud-est, nous devons toujours combattre le vent de l’est qui domine cette région. Pour la traversée vers les Îles ABC (Aruba, Bonaire et Curaçao), nous serons au portant, donc nous aurons le vent dans le dos. Je suis un peu anxieuse avant cette longue traversée. Le fait de traverser à deux voiliers me rassure beaucoup, d’autant plus que Karen et Reinhard sur FindUs ont fait la traversée de l’Atlantique. Nous quittons la Martinique le 21 novembre. Initialement, la traversée est très facile. Pendant deux jours, nous avons un vent agréable et nous filons à bonne vitesse. Par contre, nous faisons plusieurs virements de bord et nous sommes surpris par le roulis du bateau qui est assez difficile à supporter. Nous n’avons pas l’habitude de nous faire brasser autant de gauche à droite. Nous avons l’impression d’être dans une machine à laver. Les deux premières nuits se passent assez bien. Nous essayons les quarts longs qui nous ont été recommandés par nos amis de Take Two. Ils ont cinq enfant à bord alors ils comprennent que les siestes dans la journée, ce n’est pas souvent possible. Je fais donc un quart de 19h à 1h et Mathieu 1h à 7h. Cela nous permet d’avoir une nuit de sommeil de 5-6 heures et nous faisons chacun une sieste dans la journée pour compenser le manque de sommeil. Lorsque c’est possible évidemment!

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Le dernier soir, nous sommes à l’intérieur en train de souper quand Mathieu lève la tête et remarque un énorme nuage noir derrière nous. Nous sortons tous les deux et voyons que nous sommes entourés d’orages. Nous en avions évités plusieurs au cours de l’après-midi, mais ceux-là semblent vouloir fusionner plutôt que de passer un à un. Nous avons déjà 25-30 nœuds de vent lorsque nous décidons de ferler la grand-voile. Le génois est ouvert au complet. Il n’est pas question de se tourner vers le près pour ferler la voile car les vagues arrivent de partout et elles ont rapidement doublé de grosseur. Nous commençons les manœuvres, mais le soleil se couche et on ne voit pas grand-chose. Nous arrivons à ferler la grand-voile, mais le cordage des ris traîne un peu partout. Nous entrons le génois qui choisit évidemment ce moment pour bloquer. Heureusement, il bloque lorsqu’il ne reste qu’une petite portion de la voile alors on le laisse comme ça question de laisser passer le plus gros de la tempête. Il n’est pas question d’aller sur le pont pour les manœuvres. Même attachés, nous jugeons que ce n’est pas prudent. Ce n’est d’ailleurs pas nécessaire pour le moment. Nous attendons donc que l’orage se calme. J’en profite pour aller coucher les enfants qui courent partout dans le bateau. Ils n’ont pas peur. Ils n’ont pas le mal de mer… ils s’amusent. Ils sont bien les seuls! Lors d’une accalmie, je vais sur le pont pour ramasser un peu de cordage. Mathieu arrive à fermer le génois complètement. Il doit barrer constamment car les vagues sont trop grosses pour le pilote automatique. S’ensuivent 16 heures de navigation difficile avec des vents de 30-35 nœuds et des rafales à 40, peut-être plus. Nous avons beaucoup de vent, peu de pluie, mais des vagues tellement grosses que je n’ose pas les regarder. Je fais le premier quart avec le pilote automatique. Mathieu essaie de dormir dans le cockpit. Je suis vraiment heureuse qu’il reste avec moi, même s’il dort! Pas de musique, pas de livre, pas de film. Je surveille le bateau. Je surveille aussi voilier FindUs sur l’AIS quand il apparait et trois cargos qui sont tout près. Nous les avons d’ailleurs contactés un peu plus tôt pour leur dire que nous sommes peu manœuvrables dans ces conditions. La terre est loin. Il n’y a aucun autre obstacle… Il ne reste qu’à attendre le lever du soleil pour démêler le cordage sur le pont et peut-être ouvrir un petit foc tempête afin de moins se faire brasser. À 1 heure, Mathieu prend son quart. Il barre tout le reste de la nuit jusqu’à ce qu’on arrive à se protéger du côté ouest de l’île de Bonaire en matinée.

Nous sommes vraiment soulagés. Nous avons eu une très mauvaise nuit, la première depuis le début du voyage. La dernière j’espère! Au petit matin, nous remontons la côte est de Bonaire jusqu’à ce que nous atteignons les moorings qui sont obligatoires. Cette pratique vise à protéger les fonds marins dont le corail et les herbes. Nous sommes heureux de simplement attraper un mooring et de faire les formalités qui sont si simples et accessibles! Nous sommes épuisés… Quelle nuit horrible!

Pour contraster avec notre navigation, Bonaire est un petit coin de paradis. L’eau est turquoise et limpide, c’est magnifique. Des moorings sont installés le long de la rive et nous pouvons facilement faire de l’apnée de notre bateau. Il y a d’ailleurs des gens qui font de la plongée sous notre voilier. C’est assez surprenant la première fois qu’on les voit! Il y a près de 85 sites d’apnée que nous pouvons rejoindre facilement avec notre dinghy ou de la plage. Chaque site est différent et offre la possibilité de faire de la plongée ou de l’apnée. Nous sommes au paradis, c’est certain. Il y a des tortues, des raies, des langoustes, des poissons, du corail, etc. C’est tout simplement fabuleux! Les habitants, au nombre de 15 000, parlent papiamento et néerlandais. Le premier est vraiment plus facile à comprendre que le second puisque c’est une langue basée sur l’anglais, le néerlandais, le français, l’espagnol et le portugais. Par exemple, bienvenue se dit «  bon bini » et merci beaucoup, « macha danki ». Les gens sont heureux lorsque nous utilisions quelques mots de leur langue. Le papiamento est d’ailleurs aussi parlée à Curaçao et Aruba. Certaines personnes parlent aussi anglais et espagnol, surtout dans le secteur touristique. Les gens sont souriants, accueillants et tellement sympathiques. Nous ressemblons aux néerlandais alors nous nous fondons dans la foule des locaux.

Bonaire

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Régulièrement, il y a un ou deux bateaux de croisière en ville. Parfois, il y a  5000-6000 personnes qui débarquent pour la journée. Nous avons la chance de discuter avec des gens provenant de partout dans le monde grâce à ces gigantesques navires. Kralendijk, la capitale, est magnifique avec son trottoir qui longe la mer, ses boutiques, restos et cafés. Il y a d’ailleurs un café qui offre de la gelato vraiment excellente. Nous y sommes allés à quelque reprise. On dirait que plus il fait chaud dans un pays, plus la crème glacée est rare et chère. Ici, elle est excellente, facile d’accès et abordable. Je crois que nous allons déménager à Bonaire!

Café Luciano, Bonaire

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Le samedi suivant, le 26 novembre, c’est l’arrivée du Père Noël à Kralendijk. Nous n’en parlons pas aux enfants et nous nous rendons en ville en dinghy. Le quai est en plein centre de la petite ville. Il y a beaucoup de monde. Des enfants courent un peu partout. Nous jouons à la devinette avec les enfants pour leur révéler la raison de cette foule inhabituelle en ville. Ils devinent au troisième indice. Ils ont mille questions et sont tellement excités! Le Père Noël arrive environ 30 minutes plus tard en paradant sur un énorme Tug boat le long de la côte ouest de l’île. Il y a des lutins noirs et frisés qui l’accompagnent. Il faut surveiller les petits car ils veulent s’approcher et il y a tellement d’enfants. J’adore participer aux activités locales comme celle-là. Honnêtement, nous sommes probablement les seuls touristes. Les enfants réussissent à prendre une belle photo avec le Père Noël après plusieurs tentatives. Ils sont heureux, c’est le plus important! Par contre, ils ne comprennent pas pourquoi notre lutin n’est pas encore arrivé… il aurait dû arriver avec le Père Noël. Océane pense qu’il ne faut pas s’inquiéter car il était en retard l’an dernier alors ce n’est pas surprenant de sa part. D’ailleurs, s’il nous a trouvé en Floride, il nous retrouvera surement à Bonaire!

Arrivée du Père Noël à Bonaire

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 Un, deux… cinq lutins se promènent en ville

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Nous reprenons tranquillement la routine d’école puisqu’il reste peu de semaines avant les vacances de Noël. Nous faisons quelques 5 à 7 avec Karen et Reinhard de Find Us. Chaque jour, nous allons à l’eau pour faire du snorkling sous le bateau ou ailleurs. L’endroit le plus impressionnant est Klein Bonaire (Petit Bonaire en Papiamento). C’est une île inhabitée qui est située en face de la ville de Kralendijk. Il y a des bouées tout autour de l’île pour accrocher le dinghy. Nous y voyons tellement de beaux poissons, on ne pense qu’à y retourner. Il y a aussi une superbe plage sur cette île et la possibilité d’aller y marcher. Est-ce que ça existe la dépendance à l’apnée? Nous sommes sérieusement atteints!!

Klein Bonaire

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Afin de voir ce qu’offre l’île, nous louons un pick up pour deux jours. Pourquoi pas une voiture? Parce que nous voulons aller nous promener dans le parc national et ce n’est pas recommandé de le faire en voiture. D’ailleurs, la plupart des compagnies de location refusent que nous allions dans le parc avec une voiture. Pour une fois, nous avons suffisamment de place pour tout le monde, à condition que les bagages restent dans la boite arrière! Nous avons deux superbes banquettes trois places en cuir, soit une à l’avant et l’autre à l’arrière. Micah s’assoie entre moi et Mathieu. On ne ferait tellement jamais ça chez nous. À Bonaire, les voitures ne roulent pas vite et il n’y a pas d’autoroute! C’est la vraie campagne!

Notre pick-up!!

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Avec FindUs, nous divisons l’île en deux parties. Nous faisons le sud de l’île la première journée et le nord, incluant le parc national, la journée suivante. Dans les deux cas, nous apportons un lunch pour dîner car il n’y a pas vraiment d’endroit pour arrêter sur la route. Nous débutons la première journée, par un sanctuaire où l’on prend soin des ânes qui servaient autrefois au transport. Grâce à l’arrivée des voitures, ils ont été abandonnés sur l’île. La nourriture étant rare, plusieurs étaient sous-alimentés. De plus, ils se faisaient souvent blesser par les voitures. Une dame a donc acheté une terre et a établi un sanctuaire où ils sont nourris et soignés. L’espace est très grand alors ils n’ont pas l’impression d’être en captivité. Ce sanctuaire est un organisme sans but lucratif et le montant que nous donnons pour le visiter permet d’aider les bénévoles à prendre soin de ces animaux si calmes. Je n’ai pas besoin de mentionner que les enfants adorent la visite. Ils sont impressionnés et ils caressent des dizaines d’âne. Ils veulent tous les adopter. Micah crie chaque fois que nous arrêtons la voiture pour pouvoir aller donner des bisous. Il est heureux comme un pape.La suite de la visite se fait essentiellement en voiture. Nous empruntons une route qui longe la mer et fait le tour de la pointe sud de l’île. Les paysages sont magnifiques. Nous voyons des flamands roses dans leur habitat naturel, une plage magnifique qui semble être le repère des gens qui font de la planche à voile, le phare qui indique aux bateaux la pointe sud de Bonaire, les restes de maisons qui étaient habitées par les esclaves qui travaillaient sur le plantations de canne à sucre et une autre plage qui semble être réservée aux écoles de kite surfing. Elle est d’ailleurs très populaire! Finalement, nous voyons les étangs de sel rose et d’énormes montagnes de sel qui ressemblent à de la neige. Nous terminons la journée avec un arrêt à la plage pour faire de l’apnée. Les enfants sont déçus de ne pas se baigner. La plage est très rocheuse et il y a des vagues. Ils s’amusent avec les morceaux de corail alors que Karen et moi allons voir ce qui se passe sous l’eau. C’est toujours aussi beau! Nous sommes épuisés par une si belle journée. Les enfants sont intenables dans la voiture… Un petit arrêt à l’épicerie et dodo afin d’être en forme pour la journée suivante!! 

Donkey Sanctuary

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Pointe sud de Bonaire 

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Le lendemain, nous souhaitons faire le tour du Washington Slagbaai National Park. Karen et Reinhard ont des trucs à faire et décident de nous rejoindre à l’entrés du parc. Nous utilisons la route la plus longue, celle qui longe la côte ouest. Nous ne sommes pas seuls car nous voyons plusieurs petits groupes qui font des tours guidés. Nous passons dans de superbes quartiers, puis longeons de magnifiques plages. En passant par la réserve Gotomeer, nous voyons de magnifiques oiseaux, des iguanes, des lézards turquoises et des flamands roses. La nature est magnifique à Bonaire. Il y a d’ailleurs plusieurs endroits où l’on peut observer les oiseaux. Nous arrivons au parc en même temps que nos amis et débutons le tour qui doit prendre environ trois heures. Assise dans la boite du pick up, je ne cesse de prendre des photos. C’est si différent de ce que nous avons vu dans les îles précédentes. Nous terminons le tour de l’île par une magnifique apnée. Les poissons sont nombreux et c’est fascinant de les regarder se déplacer en groupe. Les enfants sont heureux de se baigner. À la sortie de l’eau, il faut rapidement entrer dans le camion car les maringouins sont affamés. Il y en a tellement! On met l’air climatisé au maximum et on ouvre un peu les fenêtres pour les faire sortir! Il faut dire que le Zika est aussi très présent à Bonaire. Je comprends maintenant pourquoi les sièges sont en cuir! C’est un camion à l’épreuve des petites familles qui vont à la plage! La dernière portion de la route est assez courte, mais tellement accidentée. Nous comprenons pourquoi il faut faire cette route en pick-up. Je suis vraiment heureuse de ne pas avoir à conduire dans ces conditions… mais Mathieu s’amuse comme un petit fou. Encore une journée magnifique que nous terminons à l’épicerie!

Gotomeer, Bonaire

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Washington Slagbaai National Park

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À Bonaire, l’épicerie est abordable et contient tous les trucs dont nous avons manqués depuis que nous avons quitté les États-Unis. C’est un vrai régal à chaque bouchée! Nos amis allemands nous font goûter de nouvelles choses puisqu’il y a beaucoup de produits hollandais et européens. C’est vraiment super agréable! Je crois que nous devenons aussi dépendants de notre visite journalière à l’épicerie!

Nous adorons Bonaire. Nous pourrions rester ici pendant des semaines, voire des mois. On ne veut plus partir, mais nous devons continuer notre route car nous allons avoir de la belle visite à Curaçao! De plus, Mathieu a identifié un problème avec le safran du bateau et nous devons sortir Passion Rebelle de l’eau pour le réparer. Nous quittons donc ce pays paradisiaque après seulement deux semaines en nous promettant de revenir un jour… Nous ne sommes pas rassasiés des moments à faire de l’apnée et nous partons avec le cœur gros, encore une fois, d’autant plus que nous sommes seuls pour rallier Curaçao, une petite traversée de 35 miles!

7 Responses

  1. Denise Et Guy

    Allo !
    Wow beaux poissons ,encore belles photos et bon récit …..tu ne chaumes pas ma fille ….
    Lors de vos traversées vous travaillez Tres fort aussi….Mathieu
    Toujours le fun de faire l épicerie à l étranger et de découvrir de nouvelles choses ….
    Merci de nous partager ….
    Félicitations à vous deux Et gros bisous à vous tous
    😘😘😘😘😘😘
    Bonne continuite

  2. Linda Néron

    Quel beau récit! Ça l air magnifique !Les enfants grandissent c’est fou…ils sont tellement beaux Ont vous embrassent.xxxx bonne route!💖⛵

  3. J’espère vraiment que Bonaire fasse partie de notre itinéraire. Très belles descriptions des lieux et vos photos sont magnifiques. Une traversée très sportive Ouf.
    Gros bisous à toute la famille XX

  4. celine turgeon

    bonjour
    Comme toujours tu nous fais découvrir de très belles places et, de très belles photos et un beau récit. Gros bisous à toute la famille. xxx

  5. Suzanne D Neron

    Toujours très intéressant de vous lire. Quel belle experience vous avez la chance de vivre.

    Bonne continuité on vous aime
    Xxxxxxx

  6. therese guay guillemette

    allo l’endroit semble plus récent d’après les maisons des flamands roses spécial et des poissons très originaux un était rouge bleu et blanc et la personne qui a décidé de prendre soin des ânes chapeau mais la traversée vous avez dû avoir peur vous êtes plus brave que moi merci pour toutes ses belles photos et ce récit très captivant en passant tu as une très bonne mémoire car il y a des mots et des endroits qui ne sont pas faciles à retenir des bonjours à tous

  7. Gaetan et Jasmine "Melman"

    Bonjour à vous tous!
    Nous voulions avoir de vos nouvelles depuis un certain temps déjà mais nous avions de la difficulté à vous retrouver Enfin avec un peu d’effort j’ai réussi à vous retracer. Content de voir que tout va bien et que l’aventure continue. Nous sommes de retour cette année au Bahamas. C’est très agréable de pouvoir vous lire et vous souhaitons encore d’avoir de belle rencontre.
    Est-ce que l’Australie est toujours la destination privilégiée par la suite?
    Bonne navigation et embrasser les enfants pour nous !

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