En route vers les San Blas

Classé dans : Amérique du sud, Colombie | 4

Nous adorons la Colombie. C’est un pays, un peuple, qui ont beaucoup à offrir. Nous quittons le continent à regret puisque nous sommes loin d’avoir réussi à visiter tous les endroits qui nous intéressaient. La Colombie est un grand pays et nous aurions eu besoin de plusieurs semaines supplémentaires pour visiter la capitale, Bogota, l’Amazonie, les montagnes, la cité perdue, les champs de café, les villages de pêcheurs, Santa-Marta, etc. Nous avons envie de rendre justice à ce pays et nous décidons de revenir dans le futur plutôt que d’essayer de tout voir sans vraiment en profiter. Vendredi le 3 février, nous quittons le port occupé de Carthagène pour nous rendre à Islas Rosario. Il s’agit d’un groupe d’îles le long de la côte. Il y a des départs de voyages organisés à partir de Carthagène pour passer la journée dans ces îles. Les gens vont à la plage et y font de l’apnée. Il s’agit d’un parc national. Nous avons 23 miles nautiques à faire, donc il s’agit d’une belle petite journée de voile.  Nous quittons le port en même temps que FindUs qui se dirige directement à Puerto Lindo, au Panama et Zensation, un couple belge que nous avions rencontré à Curaçao. Cindy et Geert de Zensation se dirigent aussi vers Islas Rosario. Nous nous promettons d’ailleurs de prendre un verre ensemble à notre arrivée, ce que nous essayons de faire depuis plusieurs jours sans succès! Nous sommes vraiment très occupés!! 😉

La sortie du harbor se fait tout doucement à moteur. Il y a quelques cargos et des pêcheurs, mais rien de bien sérieux. La route est belle à  voile. Les vagues sont correctes, malgré la mauvaise réputation de la Colombie à cet égard. Les vents sont assez faibles pour qu’on décide de s’amuser avec le spi. J’ai juste envie de lire un livre. Je suis fatiguée par les longues journées de marche et d’approvisionnement qui ont précédées le départ. Nous arrivons en fin de journée. C’est très tranquille, nous sommes trois bateaux à l’ancrage. C’est définitivement différent de la ville avec ses bruits et sa pollution lumineuse. Nous retrouvons enfin les étoiles, des milliers d’étoiles. En soirée, il vente beaucoup mais nous sommes très bien ancrés. Enfin, nous prenons un verre avec Cindy et Geert. On se couche tôt car nous continuons notre route le lendemain. La météo ne nous permet pas vraiment de rester plus longtemps car nous devons arriver aux San Blas avant le mauvais temps annoncé. Je trouve vraiment difficile de quitter un endroit sans avoir vu ce que je voulais voir. Les enfants sont déçus car ils n’ont pas pu se baigner. Nous faisons quelques heures d’école avant de lever l’ancre et nous quittons pour Islas San Bernardo.

Les vents sont très faibles. Nous naviguons principalement à moteur sur des eaux étrangement calmes. Il fait beau et chaud. Nous avons environ 25 miles à faire. Les dernières heures se font au génois car le vent s’est enfin levé. À notre arrivée, nous faisons un petit tour en dinghy pour voir les environs. Les enfants veulent se baigner mais il y a beaucoup d’eau sous le bateau et on ne voit pas très bien. Mathieu trouve une grande tache de sable dans 3-4 pieds d’eau. Pour être honnête, j’ai réussi tant bien que mal à gérer ma peur des requins, mais l’ajout de crocodiles et des serpents de mer dans le tableau me laisse un peu perplexe… C’est l’inconnu bien sûr. Je vais surement m’habituer et arriver à trouver un compromis sécuritaire pour notre famille mais pour le moment, j’ai peur! Les enfants adorent nager, comme toujours.

Le lendemain, nous faisons une activité scolaire. Nous visitons le village le plus populeux au monde en terme de personne au mètre carré. Il s’agit de Isla Islote. Je sais que les touristes sont bienvenus, mais je suis quand même un peu inquiète car j’ai l’impression de faire intrusion dans la vie de ces gens. Je suis bien heureuse que Cindy et Geert soient avec nous… Nous sommes accueillis par Pablo, un jeune homme de 12 ans. Il est très gentil. Il nous aide à sortir les enfants du dinghy car il y a des bassins avec des requins, des poissons et des tortues sur le bord de l’eau. Un adulte vient nous voir et nous dit que Pablo sera notre guide touristique pour la visite du village. Initialement, je ne suis pas chaude à l’idée. Je me rends rapidement compte que sa présence change tout. Au lieu de faire intrusion dans leur vie, c’est lui qui choisit de nous montrer son village, sa famille, ses amis, etc. Il est très sympathique. Il montre des oiseaux et un lapin aux enfants et il pose des questions sur nous. Il nous montre son école. L’hôpital, la bibliothèque et l’école sont dans le même édifice. Tout est à air ouverte. Les habitants vivent de la pêche et du tourisme.  Il nous dit qu’il y a environ 225 enfants sur l’île pour une population totale de 1510 personnes. L’île est minuscule, seulement 0.1 km2, et ne compte que 90 maison. Pour vous donner une idée, à NYC, il y a environ 10 000 personnes par km2. À Isla Isloté, il y a 151 000 personnes par km2. C’est difficile de croire qu’autant de gens y vivent. Il nous montre l’église qui n’a qu’un toit et un mur. Il m’explique qu’il y a une messe catholique plusieurs fois par semaine vers 19h, au levé de la lune. Il y a des gens qui chantent à l’église. Pablo va chercher un petit garçon de 10 mois qui est un peu timide initialement, mais qui m’adopte rapidement. Lorsque je le rends à sa maman, il couche sa tête sur mon épaule. Pour sa part, il va à l’école du lundi au samedi et il travaille comme guide le dimanche et parfois après l’école. Je prends quelques photos mais je me sens un peu mal à l’aise de le faire sachant que plusieurs Colombiens n’aiment pas être photographier. C’est vraiment une belle et étrange expérience de visiter ces lieux qui sont si peu accessibles aux touristes et au reste du monde. On dirait qu’ils ont été oubliés sur leur île, mais ils ne s’en portent pas plus mal pour autant. Cela fait réfléchir…

Par la suite, nous continuons notre tournée des îles en dinghy. Il y a un Hostel sur une petite ile. Nous ne pouvons pas aller y prendre un verre car c’est réservé aux adultes mais nous y rencontrons deux québécoises très sympathiques. Il faut aller bien loin pour rencontrer des gens de chez nous! C’est toujours très agréable! Nous terminons notre périple par une promenade en dinghy dans les mangroves.

 Isla Isloté, l'île la plus populeuse au monde

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 Islas San Bernardo

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Une fois de retour sur Passion Rebelle, nous dinons et levons l’ancre pour faire les 120 miles qui nous séparent d’Isla Pino, San Blas. Nous nous attendons à de bonnes vagues. Le départ est magnifique. La mer  est belle et calme. Nous avons un beau vent au portant qui nous pousse vers l’ouest. Évidemment, c’est  de trop courte durée. La vague est de plus en plus grosse et nous frappe directement sur le côté. Nous avons facilement 3 mètres de vague. Le vent est fort et nous devons prendre des ris… tous les ris. Il fait noir…   le cordage s’emmêle, il faut aller à l’avant pas une fois, mais deux fois. Je suis bien attachée. En fait, nous optons pour harnais et ceinture de sécurité. Je suis attachée à deux reprises sur la ligne de vie au cas où j'aie à faire le tour du mât mais finalement, ce n’est pas nécessaire. Pas grave, vaut mieux être prudent. Étrangement, je me sens mieux sur le pont du bateau que dans le cockpit. Il y a de l’action et c’est aussi un peu plus mouillé! Je prends mon temps pour ne pas faire de faux-mouvement mais je ne m’éternise pas. Les ris sont réglés, nous avons changé de cap pour remonter au vent afin de ne plus prendre les vagues directement de côté. C’est plus confortable pour tout le monde. Reste à passer la nuit. Ce sont les quarts qui commencent. Au dodo les enfants! Au dodo Mathieu!

Océane, Micah et Thomas sont malades au petit matin… quel réveil! Nous arrivons à Isla Pino, quelques heures après Zensation qui a pêché un énorme merlin. Nous sommes maintenant ancrés dans les San Blas, le paysage est digne d’un film. C’est beau et calme. Le voyage en valait vraiment la peine, comme chaque fois d’ailleurs! J’imagine qu’il faut mériter ces beaux paysages pour avoir le droit de les voir!

4 Responses

  1. Une vraie Pro. Bravo Sabrina pour ton quart de nuit.

  2. Denise Et Guy

    Encore Bravo à chacun de vous …une question Sabrina vas tu publier un livre de ce récit d voyage ??
    Encore une très belle description de votre voyage ,toujours intéressant de vous suivre à l aide de ce récit ,magnifiques photos souvenirs …
    Au plaisir de lire la suite ….

    Bonne continuité
    Denise Et Guy se joint à moi …Bisous à vous tous

  3. celine turgeon

    Bonjour le petite famille,encore une très belle description de votre voyage,au plaisir de lire la suite… Céline

  4. therese guay guillemette

    félicitation et bonne continuité

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