San Blas: rencontre avec les Kunas

Classé dans : Amérique Centrale, Panama, San Blas | 4

Depuis que j’ai lu le livre de la V’limeuse, il y a une vingtaine d’années, je suis curieuse de voir des endroits différents, inaccessibles.  J’ai envie de rencontrer des gens qui vivent toujours de façon traditionnelle, qui ont des bonheurs et des soucis différents des nôtres. En même temps, j’ai un peu peur d’être déçue car plusieurs personnes nous ont dit de ne pas avoir d’attentes. Les tribus rencontrées lors du voyage de la V’limeuse, qui a eu lieu au début des années 80, ont depuis longtemps changé et adopté un mode de vie plus moderne. J’ai donc des espérances, mais peu d’attentes.

Les San Blas, c’est une province du Panama qui, suite à d'inombrables guerres et massacres, a été restituée à son peuple d’origine, les Kunas. Ces derniers ont pratiquement plein pouvoir sur le territoire qui comptes des centaines d’îles toutes plus belles les unes que les autres, ainsi qu’une portion de terre sur le continent. Les villages Kunas sont tous situés sur les îles, celles-ci étant jugées plus sécuritaires pour les habitants. En effet, de nombreuses menaces existent sur le continent, comme les serpents, les araignées et grenouilles vénéneuses, les moustiques infectés par la malaria, etc. Chaque jour, les hommes retournent sur le continent en canot afin de faire de la culture et des provisions de noix de coco, ananas, matériaux, etc. Ce sont de vrais coureurs des bois. Nous avons choisi de visiter Isla Pino car c’est un village traditionnel qui est rarement visité par les touristes. L’accès est assez difficile puisqu’il y a du corail partout et certains passages sont très étroits. Les cartes nautiques ne sont pas à jour pour ces endroits reculés. Seules les cartes du guide du Panama sont à jour et utilisables.

À notre arrivée à Isla Pino, le bateau ressemble à un champ de bataille et nous sommes épuisés. Nos amis Cindy et Geert du voilier belge Zensation, sont arrivés quelques heures plus tôt. Ils nous accueillent avec une belle prise! Ils ont pêché un énorme merlin qui nous nourrira tous pour les quatre jours à venir. Nous avons eu une dure traversée et eux aussi! Nous sommes tous fatigués et, honnêtement, je n’ai pas envie de me rendre sur terre pour visiter le village. Les enfants aimeraient bien aller se baigner mais nous voulons seulement dormir! Nous remettons donc au lendemain la visite du village que j’appréhende un peu. Je suis un peu gênée à l’idée de déranger ces gens, d’entrer dans leur intimité.

Le lendemain matin, je suis heureuse d’apprendre que nous ne visiterons pas seuls. Cindy et Geert viennent avec nous. Nous ne savons pas si nous pouvons faire des photos car j’ai lu qu’ils détestaient se faire photographier. Nous atterrissons sur une plage à l’autre bout de la petite île. Les enfants sont heureux de toucher terre et nous avons du mal à les empêcher de ramasser des noix de coco. Ils ne comprennent pas que pour les Kunas, chaque arbre et chaque noix a son propriétaire. C’est une offense grave de les ramasser.

Les enfants:  « Mais maman, elle est à terre! » «  Mais maman, celle-là est sèche! »

Moi: «  Oui, je sais, mais ils les utilisent pour faire du feu. Elles ne sont pas nous! On ne peut pas les prendre.»

À notre arrivée, le village semble désert et silencieux. Il n’y a que quelques adultes qui passent d’une hutte à l’autre. Ces dernières semblent être fabriquées de bambou. Les toits sont fabriqués avec des feuilles de palmiers. D'ailleurs, ils sont parfaitement étanches et ont une durée de vie de 15 ans, sans jamais laisser passer la pluie. Il n’y a pas de barrure aux portes. Tout est ouvert. Il n’y a pas de délinquance, ni de criminalité chez les Kuna. Il n’y a ni police, ni prison. Ici, nous sommes complètement dépaysés et nous nous sentons en parfaite sécurité.

Dès qu’ils voient Loïc, Océane, Thomas et Micah, des enfants sortent des huttes les uns après les autres. Ils sont souriants et curieux de voir nos petits blonds. Les gens que nous croisons nous disent « Buenos! ». Nous marchons tranquillement dans le village. Un homme vient nous parler timidement. Il nous pose des questions sur les enfants. Il est fasciné par les jumeaux. Il nous dit qu’il a trois enfants, mais qu’ils sont grands maintenant. Il a sa petite fille dans les bras. Nous achetons des bananes à un autre homme qui nous montre sa maison. Des enfants nous suivent de loin et rient quand on se retourne pour les voir. Les plus petits se cachent derrière les plus grands. Ils sont gênés. C’est  vraiment charmant. Les maisons sont séparées par des chemins en terre battue que nous empruntons timidement. Je n’ose pas regarder dans les maisons où les femmes se cachent. Elles portent toujours le costume traditionnel qu'elles fabriquent à la main. Il y a quelques panneaux solaires. Certains ont des téléphones cellulaires. C’est de cette façon que les villages communiquent entre eux. Cindy a eu l’idée d’apporter des bonbons pour les enfants. Avec autorisation, nous arrivons à faire quelques photos. Nos petits blonds sont intimidés par ces enfants si différents. C’est vraiment une expérience incroyable. Pour moi, c’est un des plus beaux moments depuis le début du voyage. J’ai vraiment l’impression d’avoir attendu toute ma vie pour vivre une telle expérience. Je ne suis pas certaine d’arriver à bien exprimer comment je me sens. J’imagine qu’il faut le vivre pour comprendre…

Nous empruntons le même chemin de terre pour retourner à notre dinghy. Sur le chemin, nous voyons des canots qui ont été creusés à la main dans des arbres. Ce sont vraiment des gens très habiles. Ils vivent essentiellement de la pêche et de la vente de noix de cocos aux Colombiens. Ceux-ci viennent prendre possession des fruits en petit bateau et paient un prix équitable fixé par le Congresso Kuna. La fixation du prix a comme objectif de protéger les Kunas qui ne bénéficieraient pas d’une guerre de prix entre les différents villages.

Isla Pino

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Le lendemain, nous faisons la route qui nous sépare du prochain village qui s’appelle Mamitupu (prononcer « mamitoupou »). Les enfants ont beaucoup de plaisir avec le nom de ce village! Nous avons 22 miles de navigation à faire. Il y a de très bonnes vagues et plusieurs hautfonds. Notre avancée au moteur est très lente. Nous sommes inquiets des hautfonds. Nous avons l’impression de revivre le stress de l’intra-costal aux États-Unis mais ici, il n’y a personne pour nous aider en cas de problème. Zensation est devant nous. Tout se passe très bien et nous arrivons à l’ancrage en fin de journée. Il y a déjà deux bateaux américains, Imagine2 et Tullum III. Nous nous ancrons près d’eux. Nous avons tellement adoré l’expérience de la veille que nous décidons d’aller immédiatement au village. Cindy et Geert nous rejoindront plus tard. En nous rendant vers la plage, nous rencontrons des dizaines de canots qui ramènent les hommes de la terre ferme après une longue journée de travail. Le continent est très montagneux et c’est vraiment beau de voir tous ces canots naviguer. On a l’impression d’être dans un film. Je n’ose pas prendre de photos… À nous six, nous sommes un peu moins braves!

Une fois arrivés, nous rencontrons rapidement une française qui est en visite pour quelques jours. Mamitupu est supposément un village plus traditionnel que les autres. Il n’y a qu’une petite partie de l’île qui est habitée puisque le diable ou le mal habiterait l’autre portion. La portion non-habitée compte un petit restaurant et quatre cabines pour les touristes. Il y a 1200 habitants à Mamitupu dont beaucoup, beaucoup de jeunes enfants. Les enfants sont différents de ceux rencontrés précédemment. Ils sont aussi curieux, mais beaucoup moins gênés. Ils tournent autour de nous et essaient d’attirer nos enfants dans leurs jeux. Les filles sont réservées, alors que les garçons grimpent sur les maisons et sautent de toit en toit pour nous suivre. Des petites lueurs s’allument dans les yeux de nos enfants…

Moi: « On n’y pense même pas! Aucune chance que je vous laisse grimper sur les toits! »

On se croirait dans le film de Moogly. Ils sont vraiment très habiles. Initialement, seulement Loïc va vers eux, mais rapidement, je vois mes quatre cocos partirent jouer au soccer avec les autres. C’est vraiment beau de les voir. Ils sont tellement heureux. Ils ne peuvent pas se parler, mais ils se comprennent très bien. Océane ne remarque même pas qu'elle est la seule fille à jouer au soccer. Plus tard, lorsque je lui fait remarquer, elle me dit que les filles ne voulaient rien faire. Ces dernières, toutes comme leur mère, sont très gênées et elles sont restées timidement en retrait. Les équipages de Zensation, Imagine2 et Tulum III nous ont rejoints. Nous discutons avec la française qui en sait plus que nous sur les gens du village. Entre autre, elle nous explique que, comme le village est devenu trop petit, ils agrandissent l’île avec des pierres, de la terre et des ordures. Plusieurs maisons sont bâties sur des ordures et c’est très solide. Il faut dire que la mer leur apporte toutes sortes de trucs jetés à la mer. On nous dit aussi que les Kunas sont limités par certaines lois. Par exemple, leur statut ne leur permet pas d’ouvrir un compte de banque, ce qui les laisse assez vulnérables.

Suite à cette belle visite, nous retournons sur Passion Rebelle afin de nous préparer à aller souper sur Zensation. Au menu, du merlin! C’est tellement bon! Les enfants en redemandent à plusieurs reprises. Le lendemain, nous goutons tous au merlin préparé à la façon des Kunas au petit restaurant. Comme nous n’avons pas réservé la veille, ils n’ont pas pêché pour nous alors c’est Zensation qui fournit le poisson! C’est une très belle soirée en compagnie de l’équipage des trois autres bateaux et de notre amie française! À notre départ, les deux cuisinières nous font des accolades. Elles semblent bien tristes de nous voir partir. On ne parle pas la même langue, on est tellement différents, mais le courant passe avec eux. La communication passe par le sourire, par les yeux. C’est magnifique! Une belle expérience inoubliable qui me met encore la larme à l'oeil!

Mamitupu

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Le lendemain, nous quittons Mamitupu en compagnie des trois autres voiliers. Au même moment, les canots quittent l’île et naviguent doucement vers le continent, vers les montagnes. Certains nous saluent de la main. Je suis triste de partir, mais la météo des prochains jours n’est pas très belle. Nous contournons l’île afin d’éviter un passage étroit qui nous semble difficile avec les conditions actuelles. La mer est encore assez formée. Nous ne voulons pas risquer de nous faire pousser sur les roches.  Après quelques passages plutôt étroits, nous ouvrons le génois afin de stabiliser notre bateau dans la vague. Il fait soleil. Notre arrivée à Apaidup est sans histoire. L’ancrage est relativement facile d’accès et très bien protégé. L’eau n’est pas vraiment encore assez propre pour la baignade car nous sommes trop proches du continent. L’eau des rivières se mélange avec celle de la mer, ce qui en fait une eau beige et très brouille, idéale pour les crocodiles!

Peu après notre arrivée, nous avons la visite d’un Kuna nommé Arkin. Il nous invite à visiter son village le lendemain à 10h00. Il est très gentil, mais il commence déjà à nous demander des choses. Il veut une casquette. C’est bien étrange. Les gens étaient si gentils et désintéressés dans les villages précédents. Nous ne nous méfions pas du tout. Le lendemain, nous nous rendons au quai de son île avec les équipages des trois autres voiliers. Il nous fait marcher vers les montagnes, initialement sur la piste d’atterrissage de l’aéroport, puis dans un sentier. Nous ne savons pas où nous allons, ni s’il y a des dangers pour les enfants. Nous arrivons finalement au bas d’une pente e terre rouge très abrupte. Les enfants ne peuvent pas monter. J’essaie, mais je glisse. Nous décidons alors de quitter le groupe et de retourner les attendre au quai. Lorsque les autres nous rejoignent, ils nous disent avoir visité leur cimetière.

Nous rencontrons ensuite le chef du village qui est en train de réparer une porte. Il est très accueillant et accepte de se faire prendre en photo. Nous traversons ensuite le long pont qui relie la terre ferme à l’île où est situé le village. L’atmosphère est très différent des villages précédents. Il y a des gens qui se promènent et qui vendent des bouteilles d’eau et toutes sortes de trucs mais c’est évident que c’est une comédie juste pour nous. C’est un peu gênant, on se sent obligé d’acheter. À part pour nous vendre des choses, je sens très peu d’intérêt de la part des villageois, à part trois très jeunes enfants qui nous suivent. Il y a 3000 personnes qui habitent sur l’île qui compte aussi quelques commerces. Nous achetons du pain et une carte pour avoir Internet via le cellulaire. Les maisons sont très belles et c’est vraiment propre. On voit que le village est plus organisé et beaucoup moins traditionnel que les précédents. Il y a une maison qui est beaucoup plus grosse et belle que les autres. Lorsque nous demandons à Arkin si ce sont des gens importants qui habitent cette maison, il nous répond que tous les gens sont importants et égaux. Une autre leçon pour nous, nord-américains! Nous allons voir la maison du chef qui est très petite. Il n’a pas l’air malheureux pour autant! Après notre visite, Arkin et sa famille nous demandent de les amener à notre ancrage en tirant leur canot. Il faut dire qu’il vente et qu’il y a une petite vague. Zensation les invite à bord pour prendre un petit verre. J’imagine qu’ils sont aussi curieux de voir comment nous vivons. Ce qui est fâchant, c’est qu’avant de repartir, il visite tous les bateaux en disant que sa fille est très malade et qu’il a besoin d’argent pour payer l’hôpital. Cette dernière est couchée dans les bras de sa mère et joue la comédie alors qu’elle courrait partout sur l’île quelques heures plus tôt. Personne ne les a crus évidemment. Il va même jusqu'à dire que le chef du village pense qu'on devrait payer pour avoir visité le cimetière. Nous avons vraiment eu des expériences exceptionnellement touchantes avec les Kunas des villages précédents, mais nous voyons bien que plus nous allons vers la ville (ouest), plus les gens sont influencés par la vie moderne. Nous voulons conserver ces souvenirs extraordinaires alors ce sera donc notre dernier village Kuna!

Apaidup (Snug Harbor)

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Les San Blas comportent plusieurs îles qui ne sont pas habitées et qui offrent un superbe terrain de jeu pour la baignade et l’apnée. Nous quittons donc Apaidup le 13 février pour nous rendre à Green Island. Nous avons une magnifique navigation à voile et terminons la journée à l’eau sur un plateau de sable que les navigateurs appellent la « piscine ». C’est un 5 à 7 informel. Il y a plusieurs équipages et c’est très agréable de prendre un petit verre et discuter. Le lendemain, pour la St-Valentin, nous ancrons un peu plus loin afin de mieux voir le fond. Mathieu veut gratter le bateau. L’eau est magnifique. On y voit des étoiles de mer, des trumpetfish, des langoustes miniatures, etc. En après-midi, il y a un peu de pluie. Nous décidons de faire un cinéma avec les enfants. Pour souper, cuisses de canard et petites patates. Mmm c’est bon que personnes n’a faim pour le dessert alors nous gardons notre fondue Chocolat Favori pour le lendemain. Nous passons quelques jours dans les différentes îles des San Blas à nager, faire de l’apnée, pêcher et nous reposer avant de rallier la terre ferme où nous allons faire nos formalités d’entrée au Panama. Nous achetons deux belles langoustes à un pêcheur pour seulement 5$. Il y a aussi un bateau qui se promène avec des œufs, des fruits et des légumes… Nous ne pouvons pas mourir de faim aux San Blas!

Les îles sans village…

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Depuis le début de notre séjour dans les San Blas, nous avons eu quelques échanges de courriels avec l’Australie et les choses se compliquent. Chaque fois que nous envoyons un document, ils en demandent des supplémentaires. Nous avons beaucoup de difficulté avec Internet et nous savons que la situation ne sera pas plus facile dans le Pacifique. De plus, nous n’avons pas accès à ces documents qui sont restés à la maison. Nous décidons donc de remonter vers le Québec plutôt que de traverser le canal de Panama et faire les îles jusqu’en Australie. Nous y pensons depuis quelques semaines mais c’est ici maintenant que nous décidons de continuer à réaliser nos rêves différemment!

Lorsqu’il n’y a aucune opportunité en vue,

que l’on ne voit pas de porte,

pourquoi ne pas en construire une!

 

Nos découvertes…

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 Ce que nous ne souhaitions pas trouver…

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4 Responses

  1. celine turgeon

    Bonjour la petite famille.Sabrina je sais pas comment tu fais pour tout te souvenir,tes textes,sont très interressant de très belles photos,Tu nous fais découvrir de nouvelle culture.Bravo encore . Céline

  2. Denise Et Guy

    Très intéressant , j ai bien aimé la même île que toi et aimé la photo des enfants de l île avec vos enfants ….Super …..
    Encore de très beaux textes Sabrina et de belles photos ! maman est très fière de sa grande fille 😉
    Belle équipage
    Salutations à vous tous Bisous ….Denise Et Guy xxxx
    Guy lit tous les textes

  3. Allo,
    Hallucinant vos visites dans ces petits villages . Photos et textes magnifiques. Vous me faites rêver

    Continuer votre belle aventure
    Gros bisous à tout l’équipage
    Diane XX

  4. therese guay guillemette

    merci quel voyage fascinant des îles n’ont connu par de simples mortels mais qui ont un attrait si tu n’avais pas lu ce livre en 80 tu n’aurais pas intéressé à en savoir davantage avec une certaine crainte vous êtes des braves bonne route à plus de vous lire

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