Le Panama

C'est le 21 février 2017 que nous quittons les San Blas pour nous rendre à Puerto Lindo, Panama. C'est à cet endroit que nous ferons nos formalités d’entrée. Il fait beau et la navigation se passe très bien. Par contre, il règne une atmosphère étrange dans le bateau. Nous nous approchons du canal de Panama, mais nous ne le traverserons pas… Comme nous devions faire le Pacifique, naturellement, nous avons rencontré des gens qui avaient les mêmes projets que nous. C’est donc une autre série d’au revoir difficile qui nous attend, d’autant plus que notre amie Lee que nous devions retrouver au Panama est toujours en Martinique. Nous ne pensons pas arriver à la revoir avant d’amorcer notre route vers le nord. Sniff! Sniff! Notre arrivée à Linton Bay est très facile. L’ancrage situé devant la marina est grand et très bien protégé. Dès notre arrivée, nous contactons Karen et Reinhard de FindUs. Ils sont en marina et nous souhaitons souper avec eux avant leur départ pour l’Allemagne. Nous sommes vraiment très heureux de les retrouver et nous ne savons pas si nous serons encore là à leur retour dans deux semaines. Nous n’avons pas vraiment pris de décision pour les prochaines étapes. On espère vraiment se revoir. Nous nous rendons à la marina en construction afin de manger des burgers au restaurant flottant. Les enfants sont heureux de manger des frites! Nous sommes heureux de boire une bonne bière locale en compagnie de nos bons amis. Depuis le début du voyage, nous nous faisons un devoir de goûter les bières locales… 

Puerto Lindo

Le lendemain, nous prenons l'autobus afin de nous rendre à Portobelo, un tout petit village qui compte trois forts en ruine. C'est à cet endroit qu'est situé le bureau d'immigration du Panama le plus proche. C'est assez étrange de se promener dans le pays avant d'avoir fait l'immigration. D'ailleurs, il n'y a aucun officiel qui a visité notre bateau depuis la République Dominicaine. Par contre, si on se fait vérifier et que nos entrées ne sont pas faites adéquatement, les conscéquences sont importantes. Nous connaissons des gens qui sont allés en prison pour cette raison… et ce ne sont pas les prisons du Québec! Les formalités se font rapidement et nous retournons à la marina en taxi. 

Portobelo

Jusqu’au 28 février, c’est le carnaval à Panama City alors nous décidons d’attendre pour aller visiter cette ville. Le Panama est un pays pauvre et pas particulièrement sécuritaire donc on nous déconseille de participer aux festivités. Nous en profitons pour faire une petite navigation de 10 miles afin de rejoindre Cindy et Geert de Zensation à Portobelo pour un petit souper. Ces derniers sont en plein dans les préparatifs pour la traversée du canal qui aura lieu autour du 5 mars. C’est notre dernière rencontre… nous sommes vraiment triste. C’est un moment difficile pour nous. Il y a des rencontres brèves dans notre vie qui nous marqueront pour longtemps… L’ouverture, la bonne humeur et le positivisme de ces gens resteront à jamais dans mon cœur. Nous nous reverrons, j'en suis certaine, mais quand? …

Le 1er mars, nous quittons notre bateau au lever du jour pour prendre l’autobus vers Panama City où nous passerons 5 jours. Nous sommes tristes de laisser Passion Rebelle derrière nous, même si elle est en sécurité à la marina de Puerto Lindo. Il y a si longtemps que nous ne sommes pas séparés d’elle. Nous attendons l’autobus pendant 1h30. C’est normal, on est au Panama. Nous sommes un peu inquiets car nous allons vers la ville de Colon qui n’est pas du tout sécuritaire. On nous a dit de rester au terminal d’autobus pour le transfert et de ne pas nous éloigner, même si on doit attendre un moment. Nous mettons pratiquement 2 heures à nous rendre à Colon dans un autobus scolaire recyclé. Il est décoré avec des plumes et des brillants. C’est un peu kitch, mais mignon à la fois. Il y a de la musique pour l'ambiance et une grosse télé avec des vidéos à l’avant. Il y a des gens partout, plusieurs sont debout. On est parfois 3-4 par siège. On se demande comment on va sortir de là avec les quatre enfants et les bagages. Personne ne nous parle dans l’autobus, ce qui est surprenant car on ne peut pas vraiment avoir l’air plus touriste. On arrive enfin à Colon. À notre arrivée, il y a déjà deux autobus express pour Panama City qui nous attendent. Ils sont plus chers, mais le confort en vaut la peine puisque ce sont des autobus de transport avec air climatisé. Nous prenons chacun un siège et c’est partie pour un autre deux heures de route. Les enfants sont calmes. Ils dessinent et nous montrons à Loïc et Océane à faire des Sudoku. Ils adorent. Il faut détourner régulièrement leur attention du film sur l’écran devant. Il s'agit d'un film de cowboy avec des gens qui se battent et se tirent dessus. Au Québec, ça n’aurait pas passé!! On n’est définitivement pas chez nous. Arrivés à la gare de Panama City, nous achetons une passe de métro et prenons la route dans le tout nouveau métro de Panama City qui a été inauguré en octobre dernier. Nous arrivons à notre hôtel en fin d’après-midi, totalement exténués. J’ai juste envie de me coucher, mais notre chambre est horriblement sale. Je n’ai pas envie d’y passer la nuit, encore moins une semaine. Nous annulons donc notre réservation et trouvons une autre chambre dans un très bel hotel situé un peu plus loin sur la même rue.

Après avoir mangés quelques trucs achetés à l’épicerie, nous couchons les enfants dans la chambre adjacente à la nôtre et épuisés, nous profitons un peu de la télévision. Le lendemain matin, nous découvrons un buffet exceptionnel pour le déjeuner. Wow! Je crois que le enfants n’ont jamais autant mangé. Œufs, saucisses, gauffres, fruits frais, etc. Le bonheur à volonté quoi! La responsable du buffet apporte même du chocolat chaud aux enfants. À l'hotel, ils sont séduits par les nouveaux films… en espagnol, les grands lits pour sauter, le buffet… et la piscine sur le toit! Le grand luxe! Ça fait changement du bateau. Ils demandent une douche chaque jour. Il faut les sortir sinon ils y passeraient la nuit! Nous profitons de nos journées pour visiter la ville. La première journée, nous prenons une grande marche sur le bord de l’eau, l'océan Pacifique. C’est un long parc avec piste cyclable aménagée qui nous permet d’avoir une magnifique vue sur la ville et sur la mer. Il y a de nombreux parcs pour les enfants qu’ils essaient tous d’ailleurs. Nous marchons jusqu’à la vielle ville, mais le temps avance et les enfants sont épuisés alors nous prenons le métro pour retourner à l’hôtel en passant par l’épicerie afin d’acheter quelques bricoles pour le souper.

Panama City

Au Panama, les marées sont impressionnantes. D’ailleurs, plusieurs bateaux s’y font prendre puisqu’avant la traversée du canal, du côté Atlantique, les marées ne varient que d’un ou deux pieds. Dans les Caraïbes, on ne tient pratiquement jamais compte de la marée, sauf lorsqu’on doit passer à un endroit où elle crée de forts courants. Du côté Pacifique, il y a des marées de 18 pieds. Nous pouvons donc ancrer Passion Rebelle dans 8 pieds d’eau côté Atlantique… mais pas dans 20 pieds d’eau côté Pacifique!! La ville de Panama City a été déplacée deux fois. La ville initiale a été complètement pillée et brûlée par un méchant pirate appelé Capitaine Morgan. Ce dernier a d’ailleurs un rhume à son effigie. Il est encore possible de visiter les ruines de cette ville, mais nous ne l'avons pas fait. Par la suite, elle a été reconstruite près de la sortie actuelle du canal de Panama. Cet endroit a été choisi de façon stratégique afin de ne plus être accessible aux pirates. En effet, elle n’est accessible par bateau qu’à marée haute. À marée basse, elle est entourée d’un grand champ boueux exposant les bateaux échoués. Située sur une pointe, cet endroit, maintenant appelé Panama Viejo ou Vieux-Panama, a rapidement été trop petit pour la population grandissante. Vieux-Panama a donc été laissé à l’abandon afin de construire la ville actuelle qui relie les deux premières entre elles. Depuis quelques dizaines d’années, Panama Viejo est tranquillement restauré, devenant un joli endroit à visiter pour les touristes. Ses quartiers voisins n’étant pas très surs, nous y sommes allés en métro et avons pris un taxi pour le retour. Il y a des quartiers excessivement pauvres à Panama city. D’une rue à l’autre, l’atmosphère change radicalement et honnêtement, je ne m’y suis pas toujours sentie en sécurité. On dit que certaines personnes se sont déjà fait couper un doigt seulement pour une bague… Une chance qu'il y a des policiers à chaque coin de rue. La journée suivante, nous visitons les Écluses de Miraflores qui renferment le musé du canal. Nous y apprenons le fonctionnement des écluses, leur histoire et les étapes de leur construction. C’est vraiment très intéressant, mais pour nous, ce n’est pas le bon moment. Nous avons pris récemment la décision de ne pas faire les écluses et toutes ces visites nous rendent très émotifs, d’autant plus que nous visitons le jour où nos amis de Zensation passent les premières écluses côté Atlantique pour se rendre sur le lac Gatun. Nous sommes une journée trop tôt pour les voir passer à Miraflores. La vue du Pacifique me rend aussi plutôt triste, même si je suis heureuse de notre décision…

Le 6 mars, nous reprenons la longue route à pied, en métro et en autobus vers Linton Marina. Comme à l’allée, nous changeons d’autobus à mi-chemin pour celui qui nous amène jusqu’à la marina. Il est vraiment plein. Ce n’est pas rare de voir trois ou même quatre personnes par siège. Seul Micah trouve à s’asseoir sur une gentille dame. Nous sommes tous debout avec nos bagages sur les bras. Au fil des arrêts, nous arrivons à nous assoir, mais il y a tellement de monde! Quand je commence enfin à respirer, nous arrêtons devant une école et il y a une cinquantaine d’étudiants qui entrent. J’ai l’impression que c’est une blague. Les enfants entrent un à un et se dirigent vers l’arrière. Ils en mettent sur le toit ou ils ressortent par la porte arrière?  Je ne sais pas. À chaque arrêt, il faut une éternité aux gens pour arriver à sortir de l’autobus. Je me dis que si nous avons un accident, il n’y aura aucun problème. Nous sommes si collés que personne ne va bouger! En tout cas, nous arrivons sains, saufs mais, encore une fois, épuisés à la marina!

Vieux Panama

Nous avons une belle semaine d’école avec des élèves très motivés. Dimanche le 12 mars, nous louons la voiture de la marina afin de faire notre approvisionnement au Price Smart (Cosco) de Panama City. Nous avons environ trois heures de route à faire. J’ai apporté des crayons et des Sudoku pour amuser les enfants. À notre grande surprise, la route se passe très bien malgré le fait qu’ils soient vraiment à l’étroit. En voiture, nous avons le loisir d’observer le paysage, d’autant plus qu’il n’y a aucun poste de radio pour les deux premières heures. Nous sommes vraiment perdus dans le milieu de nulle part! D’ailleurs, on ne peut pas vraiment se perdre car il n’y a qu’une seule route. Le paysage est superbe. Il y a les montagnes et les pâturages d’un côté et la mer de l’autre côté. Nous passons plusieurs villages. C’est désolant de voir à quel point les gens sont pauvres et les rues remplies d’ordures de toutes sortes. Il faut faire attention car il y a des chiens un peu partout. Ils n’ont pas peur des voitures alors ils traversent à tout moment. Un peu avant Panama City, il y a un énorme dépotoir à ciel ouvert. On peut voir des centaines d’oiseaux qui tournent au-dessus des ordures et des camions qui s’affairent à tout enterrer. Autour du dépotoir et le long de l’autoroute, il y a un immense bidonville où vivent des centaines de personnes. Il ne semble pas y avoir de route pour s’y rendre. On voit des sentiers entre les maisons en tôle qui descendent vers l’autoroute. Sur le bord, des gens vendent des fruits ou font du pouce. C’est étrange de penser que nous allons acheter de la nourriture en gros alors que tant de gens ne mangent pas à leur faim… Nous faisons quelques arrêts et dinons au restaurant avant de nous rendre au Price Smart où nous avons le bonheur de retrouver plusieurs produits dont nous avions besoin, comme des lingettes, du poulet en canne, de la viande et des fromages emballé sous-vide et… une tarte à la lime! Les fruits et légumes sont beaux et frais! Nous sommes impressionnés. Nous complétons nos achats à l’épicerie et reprenons la route vers la marina.

Le lendemain, nous quittons le quai de la marina et nous allons nous ancrer devant afin de réduire les coûts. Nous attendons une fenêtre météo pour quitter le Panama vers les îles Cayman, mais elle se fait sérieusement attendre! Nous aimerions rejoindre Vidorra qui sont maintenant aux San Blas, mais les vents ne sont pas très coopératifs et sont assez forts. Nous sommes bien protégés alors nous ne bougeons pas. C’est une belle opportunité de faire de bonnes journées d’école. Les enfants se baignent chaque après-midi. L'atmosphère est relaxe malgré l'impatience qui nous gagne. Mon anniversaire approche… L’appel du Starbuck est trop fort! Je ne peux pas résister. Nous décidons de louer la voiture encore une fois et de nous rendre à Panama City. Alors, samedi le 18 mars, nous quittons encore tôt pour nous rendre en ville. Aujourd’hui, il y a un festival à Portobelo. Nous croisons des dizaines de policiers qui s’y rendent. On nous dit qu’il y aura beaucoup de trafic sur le chemin du retour. Une fois en ville, nous nous rendons directement au centre d’achat pour prendre un bon latté alors que les enfants jouent dans un parc. Après un peu de magasinage avec ma fille et un diner au Crêpes & Waffles, nous retournons au Price Smart pour refaire le plein de produits frais. Un dernier arrêt à l’épicerie et nous reprenons la route vers Puerto Lindo. Jusqu’à Portobelo, il y a du trafic, mais tout se passe bien. Notre route s'arrête à quelques kilomètres de la ville. C'est complètement bloqué! Nous ne pouvons pas avancer et il y a des piétons partout. Ils frôlent notre voiture. Il y a beaucoup de policiers. On a l’impression de passer sur la Grande-Allée à Québec le soir de la St-Jean Baptiste… avec une voiture plaquée Ontario… Il fait de plus en plus noir. Nous ne sommes pas tout à fait confortables. Les enfants s’impatientent. Nous mettons deux heures à faire les quelques kilomètres qui traversent le petit village. Nous nous rendons finalement à la marina. Enfin!

Une… deux autres escapades à Panama City!

Le 20 mars, nous faisons les formalités de sortie du bateau à Puerto Lindo Marina avant de naviguer les 10 miles qui nous séparent de Portobelo où nous allons faire la sortie à l’immigration. À notre arrivée, nous réalisons que c’est une journée fériée à Portobelo?? C’est possible?? C’est le lendemain de la veille car ils ont fêté trop fort lors du carnaval de samedi? On attend donc une journée supplémentaire et faisons notre sortie le 21 et quittons finalement le 22. Nous espérons nous rendre aux îles Cayman. Nous sommes au près serré avec des vagues courtes de plus de 2 mètres toute la journée et toute la nuit. Les enfants ont refusé la médication au départ donc ils sont malades… tous sauf Loïc bien entendu. Nous n’arrivons pas à pointer vers les Caymans. Lorsque le vent vient de tribord. Nous pointons San Andres, une île de la Colombie au large du Nicaragua et lorsque le vent est bâbord, nous pointons Santa-Marta en Colombie. Je crois que Passion Rebelle adore la Colombie! Lorsque nous faisons notre changement de quart à 1h du matin, nous discutons de notre stratégie qui ne fonctionne visiblement pas. À ce rythme, ça va nous prendre deux semaines pour nous rendre aux îles Caymans. Nous sommes fatigués, ça brasse. Nous décidons donc de rentrer aux San Blas pour une bonne nuit de sommeil et de reprendre ensuite la route pour San Andres, Colombie. Nous arrivons à Holandes Cay aux San Blas au petit matin. C’est si beau, un vrai paradis sur terre! Nous nous ancrons dans 8 pieds d’eau turquoise et limpide. C’est tout simplement magnifique! Il y a un bébé raie sous notre bateau. Nous nous baignons et je fais de l’apnée avec les enfants. Mathieu en profite pour gratter la coque afin d’augmenter notre vitesse. Un bon souper, une belle nuit de sommeil et on lève l’ancre le 24 mars pour nous rendre à San Andres, Colombie…

Et l'école continue…

 

4 Responses

  1. celine turgeon

    ALLO LA PETITE FAMILLE,SABRINA TU ES EXCEPTONNELLLE TU NOUS RACONTRE UNE TRÈS BELLE HISTOIRE COMME TOUJOURS, J,ESPÈRE QUE TU VAS GARDER TOUT CE QUE TU ÉCRIS DANS UN GRAND LIVRE,J,AIME TOUJOURS TE LIRE CÉLINE XXX

  2. Sophie Ann

    Bonjour à vous 6, nous continuons de vous lire et surtout de constater quel bagage d’expériences enrichissantes vous vivez avec vos 4 petits.

    Nous parlons de vous lorsqu’on rencontre d’autres petites familles en navigation.

    Bon retour Louis & Françoise. Xx

  3. Denise Et Guy

    Sabrina nous adorons lire le récit de votre voyage , de belles expériences , très bien décrites , avec beaucoup de belles photos….Bravo à toi et à vous tous !
    Le récit nous permet de voyager avec vous ,et ,les photos ,vous voir au moins sur photos ,celà nous fait du bien…..
    Nous vous aimons tous très fort
    Denise Et Guy xxxxxx😘

  4. therese guay guillemette

    allo les enfants sont vraiment formidables ce n’est pas facile pour eux tous ces déplacements ils s’adaptent vraiment bien félicitations et bonne continuité

Laissez un commentaire