Islas San Andres & Providencia, Colombia

Classé dans : Amérique du sud, Colombie | 3

Le 24 mars, nous quittons enfin le Panama après plus d’un mois et demi. Nous levons l’ancre à Hollandes Key dans les San Blas pour nous rendre à San Andrès, une petite île de la Colombie située à environ 100 miles à l’est des côtes du Nicaragua. Ce n’est pas notre premier choix de destinations car nous nous approchons du Nicaragua, zone à éviter puisqu’il y a eu plusieurs attaques de pirates au cours des derniers mois. De plus, cette île est à l’ouest des Îles Cayman, ce qui rendra notre route par la suite plutôt difficile car les vents sont dominants de l’est. Nous sommes un peu tôt dans la saison pour remonter et nous avons du mal nous diriger vers le nord. En fait, les meilleurs mois pour cette portion de voyage sont avril et mai. C’est très court car nous devons quitter la région avant le début de la saison des ouragans qui débute le 1er juin. Nous quittons donc les San Blas avec un vent du nord-est de 10 à 14 nœuds. Nous sommes au près. Les vagues sont plus grosses au départ, mais diminuent tranquillement la deuxième journée. Nous avons forcé les enfants à prendre leurs médicaments sous peine d’être laissés à l’abandon sur une île des San Blas. Pour une fois, ils ont été coopératifs et ils vont très bien.

La première nuit, il y a beaucoup, beaucoup de trafic car nous traversons les lignes de cargo qui arrivent et partent de Colon au Panama, donc du canal. Mon quarts est difficile car les cargos passent très près de nous et dans la nuit, j’ai du mal à juger s’ils passeront derrière ou devant nous. Les vents ne sont pas constants alors notre vitesse oscille entre 4 et 6.5 nœuds. Vers 21h, il y a un cargos qui veut passer devant nous. Selon mes instruments, il passera à 250 pieds devant nous, puis 15 pieds, 400 pieds, 80, etc. J’essaie de contacter le pilote mais il ne répond pas. Finalement, Mathieu arrive à lui parler et lui demande de passer derrière nous car c’est vraiment trop serré et nous n’avons pas de contrôle sur notre vitesse. À 23, le petit jeu recommence mais cette fois, nous sommes pris entre deux cargos qui vont dans des directions opposées. Quand je vais plus vite, je me rapproche du premier et lorsque je ralentis, c’est le deuxième qui m’inquiète. Je suis stressée, je déteste les quarts de nuit! Nous essayons de contacter le premier à plusieurs reprises sans succès. Lorsque nous arrivons finalement à lui parler, il dit qu’il passera devant. Il refuse de dévier un peu sa route pour passer plus loin devant nous. Je suis convaincue que ça ne passe pas. Nos instruments indiquent qu’il passera à quelques pieds de nous. Si on ralentit, c’est le suivant qui va nous avoir… alors nous décidons de ranger les voiles et de faire route à moteur parallèlement à eux. Comme ça, nous aurons plus de contrôle sur la distance à conserver entre les deux bateaux. Le premier passe environ 500 pieds devant. Il est énorme et très rapide. Je n’aurais pas voulu passer plus près. Puis l’autre passe un peu plus loin derrière. Nous réouvrons les voiles, arrêtons le moteur et reprenons notre route. Nous sommes un peu sur l’adrénaline. On ne dort pas! Pauvre Mathieu, je l’ai réveillé trois fois pendant mon quart! Pour ma part, je n’arrive pas à dormir car ça brasse beaucoup trop. Nous faisons 6 nœuds au fond avec 2 ris grand-voile et 2 ris dans le génois. À un certain moment, Mathieu doit encore réduire la voilure car nous allons à 7.5 nœuds, ce qui est très inconfortable quand la vague est si courte. C’est assez insupportable. Une fois le troisième ris pris, Passion Rebelle ralentit et devient plus calme, ce qui me permet de dormir un peu. La deuxième journée se déroule très bien. Il n’y a pratiquement plus de trafic. Tout le monde est en forme et la mer s’est adoucie. Passion Rebelle file doucement sous le soleil vers un autre petit coin de paradis.

Nous arrivons à San Andres le 26 mars en avant midi après deux jours de navigation. J’ai lu dans un livre que San Andres avait été appelée « l’île aux douze couleurs » par les gens qui l’on découverte. À notre arrivée, nous pouvons voir ces magnifiques tons de bleu, vert, turquoise et jaune. Il y a une barrière de corail qui protège l’entrée et les voiliers qui sont amarrés à l’intérieure. C’est un spectacle magnifique. Que la nature est belle! Dès notre arrivée, nos amis du voilier Imagine2 nous accueillent et nous indiquent les bons endroits pour ancrer. Une fois bien installés, nous dinons puis nous rencontrons l’agent à Nene Marina pour les formalités d’entrée en Colombie. Paul et Laurie d’Imagine2 sont avec nous. C’est la première fois que nous les voyons depuis notre fameux souper chez les Kunas. Nous profitons de leur compagnie pour discuter et aller marcher en ville. Ils sont à San Andres depuis un mois alors ils connaissent bien l’endroit. Nous marchons le long d’une belle et longue allée piétonnière qui borde une grande plage. Les enfants sont heureux de marcher et de discuter, mais lorsque nous trouvons un très beau parc, ils deviennent incontrôlables. En fait, c’est un peu comme un parc en forme de labyrinthe qui cache plusieurs aires de jeux. C’est beau, ils sont vraiment contents. Mathieu et moi sommes heureux d’avoir enfin quitté le Panama pour un endroit plus calme et surtout, plus propre. 

San Andres, Colombia

San Andres. Colombia

De retour sur Passion Rebelle, nous soupons et nous nous couchons très tôt. Il ne faut pas oublier que nous avons trois nuits de navigation dans le corps. Le lendemain matin, nous disons au revoir à Laurie et Paul qui prennent la route vers un haut-fond situé à 20 miles au sud de San Andres. Selon les guides, il s’agit d’un excellent endroit pour faire de l’apnée. Il y a une petite base militaire sur une des deux iles et un pêcheur habite l’autre. Plutôt mignon comme endroit et surtout, très peu fréquenté. Dans quelques jours, ils nous rejoindront à l’île de Providencia, 50 miles au nord de San Andres.

Les jours suivants, nous faisons l’école le matin et nous nous promenons en ville en après-midi. San Andres est vraiment un endroit très agréable. Il y a des touristes, mais pas d’énorme hôtel. Les gens parlent un créole dérivé de l’anglais et l'espagnol. En fait, la Colombie a essayé d’envoyer des gens à San Andres afin de promouvoir l’utilisation de l’espagnol, mais ça a peu fonctionné. D’ailleurs, je ne comprends pas grand-chose quand ils parlent espagnol… et je ne comprends rien lorsqu’ils parlent créole. Une chance que certains se débrouillent en anglais.

Le 29 mars, après plusieurs jours à regarder les touristes se promener en moto, cart de golf et véhicule tout-terrain, nous décidons d’en louer un au grand plaisir des enfants, mais surtout, de Mathieu! Il est tout énervé. Il nous choisit un Polaris six places rouge. Nous quittons donc tôt le matin pour faire le tour de l’île, une route de 30 km. Notre guide voyage de la Colombie nous indique le trajet à suivre ainsi que les arrêts intéressants. La route sur le bord de l’eau est magnifique et il fait vraiment beau. Sur la route, nous rencontrons beaucoup de véhicules comme le nôtre. C’est plus écologique que de louer des voitures. Les gens sont agréables et sourient sur notre passage. Nos petits blonds font leur effet encore une fois.

On fait le tour de l'île!

Le premier arrêt fait grand plaisir à nos enfants. Il s’agit de la grotte et du musé du Capitaine Morgan. Ce dernier, après avoir pillé plusieurs villes dont Panama City, a séparé et caché son butin sur plusieurs îles, dont San Andres et Providencia. Ici, c’est dans une grotte qu’il a caché son trésor. Nous avons un petit tour guidé du musé qui explique l’histoire du capitaine et qui expose des œuvres locales. La visite se termine par la descente dans la grotte qui est maintenant remplie d’eau à marée haute… C’est donc désormais une bien mauvaise cachette, à part pour les sirènes et les poissons!

Musé et grotte du Capitaine Morgan

 Par la suite, nous continuons notre route. Ces dernières sont pavées en ciment, donc belles et lisses. Nous arrêtons quelques minutes à la Piscinita, une piscine naturelle creusée dans les roches. Les gens s’amusent à sauter du haut d’un tremplin. Définitivement, pas une activité pour nos cocos mais ils adorent applaudir les baigneurs. Il y a des vendeurs de nourriture et de souvenirs sur le bord des routes. Ils sont sympathiques. On ne se sent pas agressé par eux. Nous voyons ensuite une plage longue bordée par une ligne de corail, formant ainsi un bassin naturel peu profond oû des enfants se baignent, bien protégés du courant et des vagues. Nous choisissons de continuer notre route afin de nous rendre à un restaurant qui nous a été conseillé par Laurie et Paul. Tout le monde a très faim.

En route, nous faisons un petit détour afin de voir un village et surprise, notre tout-terrain s’arrête dans le milieu de la rue, devant un parc pour enfant. La batterie ne fonctionne plus. Il faut appeler la compagnie de location. Bonne blague, nous n’avons pas de téléphone, nous sommes dans un quartier résidentiel en plein jour et on ne comprend pas quand les gens nous parlent. D’ailleurs, on ne sait même pas où on est! Nous avons vraiment, mais vraiment de la chance car un vieux monsieur nous voit et il amène Mathieu voir une dame qui parle anglais. Cette dernière appelle la compagnie de location qui nous apporte un tout nouveau véhicule en moins de 30 minutes! Les enfants trouvent que la panne n'a pas duré assez longtemos!

Nous décidons de filer directement au restaurant, un endroit paradisiaque! Nous sommes assis directement sur la plage, les pieds dans le sable blanc et chaud. De grands arbres nous protègent du soleil. Les enfants jouent dans le sable en attendant leur repas. Ça ressemble vraiment à des vacances. Beaucoup pensent que nous sommes en vacance 7/7 jours depuis le début du voyage, mais ce n’est pas le cas. Visiter, rencontrer des amis, aller à la plage, ça c’est les vraies vacances! Je mange le meilleur riz aux crevettes de toute ma vie et les enfants se baignent une bonne partie de l’après-midi. Nous ne voulons plus partir. C’est tout simplement trop beau pour être réel.

On continue notre tour de l'île!

Le temps file à toute allure, nous voulons rester plus longtemps mais nous devons retourner en ville afin de rendre notre véhicule. L’employé du bureau de location nous offre de nous ramener afin de s’excuser pour la panne mais nous préférons marcher une dernière fois en ville. Les enfants se promènent et dansent comme dans le film Annie qu’ils ont regardé il y a quelques jours. C’est très drôle. Comme si leur binette blonde n’attirait pas assez l’attention! Nous faisons finalement nos formalités de sortie. Nous sommes prêts pour la navigation du lendemain vers Providencia. Le 30 mars, nous quittons une île touristique dont l’ancrage est rempli de bateaux de pêches, de motomarines et de bateaux party pour le calme de Providencia. Les vents sont faibles et la mer calme. Nous sommes au moteur pour 50 miles. Les enfants regardent des films. Nous avons une belle petite navigation facile! Nous arrivons un peu après Imagine2 et nous nous ancrons devant le village entre les îles de Santa-Catalina et Providencia. C’est un bel ancrage très calme. Contrairement à San Andres qui a une industrie touristique développée et une population de 60 000 habitants, Providencia est une île très peu développée et sa population s’élève à seulement 5000 personnes réparties entre deux îles. C’est vraiment contrastant, mais tout aussi agréable et intéressant

Isla Providencia

Isla Santa Catalina (île piétonière)

Au cours de la semaine suivante, il y a école le matin, suivit de petites marches en ville et à Santa Catalina, de baignade ou d’apnée. Il y a une très longue barrière de corail, très peu de touristes. L'apnée y est magnifique! Nous nous mélangeons avec les habitants qui sont très simples et accueillants. Malgré des vents assez forts qui nous obligent à rester plus longtemps que prévu, l’ancrage est toujours très calme. Enfin, je peux faire du yoga sur le pont!

Nous sommes en attente d’une fenêtre météo pour Grand Cayman, mais nous n’arrivons pas à avoir de vents favorables. La difficulté de cette traversée repose sur le manque de manœuvrabilité car nous devons passer entre différents hautfonds. La route la plus logique serait de passer à l’ouest des hautfonds afin que le courant ouest ne nous pousse pas dessus. Le problème, c’est qu’il y a une zone à éviter le long du Nicaragua et du Honduras. Il y a eu plusieurs attaques de pirates dernièrement dont un à 70 miles des côtes du Nicaragua. Nous ne voulons donc pas passer par là. Nous choisissons de passer à plus de 120 miles du Nicaragua. Pour ce faire, nous devons aller vers l’est pendant 21 heures en quittant Providencia et ensuite, filer plein nord pour deux jours et demi. Les vents annoncés?? Toujours est ou nord-est! Grrrrr!! Nous arrivons à la conclusion que nous n’arriverons pas à rejoindre les Cayman et nous décidons plutôt de nous rendre à Isla Mujeres, au Mexique. Pour ce faire, nous devrons quand même faire la même route, mais après deux jours, nous pourrons pointer nord-ouest  et filer plus confortablement. C’est une route plus facile, mais plus longue, soit 5 jours au lieu de trois. Nous n’avons jamais fait une navigation aussi longue, mais nous étions prêts pour le Pacifique alors nous sommes capable! Alors le 9 avril, c’est un départ pour le Mexique!

La vie à bord de Passion Rebelle

3 Responses

  1. Denise Et Guy

    Vous êtes de très bons navigateurs , Bravo à vous deux !
    Nous sommes contents que vous ayez contourné les pirates ,les Gros bateaux et les hauts fonds …
    Bravo ! Félicitations !

  2. celine turgeon

    OUI VOUS ETES DE TRÈS BONS NAVIGATEURS,COMME TOUJOURS TRÈS BELLE DESCRIPTION, ET DE TRÈS BELLES PHOTOS.CÉLINE

  3. therese guay guillemette

    wow vous avez des termes qui ne me sont familiers que vous avez appris à déchiffrer pour vous comprendre lorsqu’on conduit un bateau bravo vous êtes vraiment expert bonne journée et à la prochaine

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